Divagation du nouvel an
Aloha!
Je pourrais te souhaiter une bonne année comme le veut l’usage mais… Mais je n’aime pas cet usage.
Parmi les nombreuses normes sociales sur lesquelles nous naviguons, il n’y en a que très peu que je comprends et encore moins auxquelles j’adhère. Les fêtes de fin d’années n’y font pas exception.
Sur ce, je t’emmène dans ma tête.
Cette année, j’ai choisi de ne pas fêter nouvel an.
Ce n’était pas totalement un choix réfléchi en amont, j’ai fait un choix selon mon contexte sur l’instant, enfin 2 jours avant le nouvel an quoi.
Bref, donc j’ai fait nouvel an toute seule pour la première fois, et pour tout te dire, ça m’angoissait. Je m’attendais à ce que ce soit dur moralement. Les jours précédents, je m’imaginais vraiment morfler, ne pas savoir ce que j’allais faire, comment ça allait se passer m’avait amené beaucoup d’angoisses.
Et donc, le fameux soir arrive.
J’ai beaucoup cogité, évidemment. Est-ce que je n’aime pas le nouvel an? Pourquoi? Est-ce que je dis que je n’aime pas le nouvel an mais me mens à moi-même? Est-ce que je ne serais pas simplement une ratée asociale?...
Parce que, on nous met tellement en tête que nouvel an c’est une soirée entre amis, tout le monde est bien habillé, tout le monde danse, boit, mange, sourit, il y a des paillettes, des feux d’artifices, des confettis, tout le monde s’embrasse… Bref tout le monde est heureux.
Et moi? Quand est-ce que je suis invitée? Invitée pour moi, pas parce que la personne qui partage ma vie est conviée, pas parce que je suis amie d’une personne invitée. Eh bien, je ne me rappelle plus que ça soit arrivé. Ça me rend triste. Je me sens seule, isolée, sans ami, sans personne qui ne m’aime, personne aux yeux de qui j’ai un tant soi peu d’importance. Ça me rappelle le nombre de fois où j’ai été rejetée, trahie, abandonnée, oubliée, délaissée, le nombre de fois où j’ai été utilisée, où j’ai compris combien j’étais remplaçable ou invisible.
Et toutes ces pensées, plus ou moins en boucle. Et d’autres questions, et s’apitoyer sur mon sort. Comme des vagues qui s’écrasent encore et encore sur les bords de mon crâne.
Oui, ça fait légèrement mélodramatique sur les bords… Et au milieu.
*
Rationnellement, je sais que c’est faux. J’ai même de la chance, j’ai quelques très bons amis, les personnes que j’aime m’aiment en retour. Je ne suis pas seule. Sur le moment, quand tout te rappelle que la normalité c’est d’être entouré et de t’amuser et que tu es seul, un peu désœuvré, c’est perturbant. Finalement, c’est vraiment cette pression sociale qui m’a fait me poser des questions, me sentir si mal, si seule.
Je n’suis pas fan des soirées, je n’aime pas être au milieu de trop de monde, je n’aime pas ne pas pouvoir être seule si j’en ai besoin ou envie, je n’aime pas devoir rester quand je voudrais aller me coucher. Régulièrement, je fais des crises d’angoisse pendant les festivités et autres moments sociaux.
Alors non, non ce n’était pas si grave d’être seule. De manger ce que je voulais, comme je voulais. De faire ce que je voulais, de me coucher quand bon me semblait.
Après un passage à vide, des angoisses, des émotions qui partent en vrille, le calme est revenu. L’apaisement aussi, un peu.
Je me suis demandée ce que je voulais, ça serait quoi, mon nouvel an parfait?
Eh bien, je crois que je voudrais un petit groupe d’amis/copains avec qui faire des choses qui plaisent à tout le monde. Être invitée, personnellement. Ou discuter ensemble de ce qu’on peut faire sinon.
Ou alors être seule, loin de chez moi.
Et puis, je suis plutôt fière de moi. Je suis fière d’avoir choisi d’aller à l’encontre des conventions, peu importe le qu’en-dira-t-on, d’avoir choisi d’être seule malgré les angoisses et la peur qui me mangent le ventre. Je suis fière de m’être choisie.
D’une certaine façon, je n’aurais pas pu mieux terminer l’année. Entourée de mes animaux, avec ma tête qui bouillonne et une série en fond.
Quoi que tu aies fait, ou pas, j’espère que c’était bien!
♥ Lola





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