Chroniques d'un coeur en miettes
Sur les réseaux, je ne vois que du beau.
Des gens en vacances, des corps incroyables sculptés par l’effort, des paysages qui coupent le souffle, des assiettes dignes d’un magazine, des visages heureux, des réussites partagées comme des trophées.
Et je trouve ça... très inspirant.
Je vois aussi passer des messages bienveillants, des encouragements, des mantras positifs.
Mais je me demande parfois : où sont les personnes en souffrance ?
Quid des personnes en souffrance ?
Quid de celles et ceux qui traversent des tempêtes, sans trop savoir si la rive existe ?
Quid de celles et ceux qui ne se relèvent pas toujours, pas tout de suite — ou qui rampent encore à l’intérieur ?
Je comprends bien qu’on n’ait pas envie de se montrer dans les moments « bofs », encore moins dans les moments douloureux.
Je comprends qu’on vienne sur les réseaux pour s’évader, rêver un peu, se motiver.
Mais alors, où est-ce qu’on peut être vrai ?
Où est-ce qu’on peut déposer les choses sans filtre ?
Je vais le faire ici et maintenant.
Je pars de loin.
Zéro.
Retour à la case départ à chaque chute, chaque douleur, chaque échec.
J’ai l’impression que le sol adore se dérober sous mes pieds. Encore. Et encore.
Aujourd’hui, je suis là.
Avec le cœur en miettes. Un boulot alimentaire que je déteste.
Un cerveau bordélique qui m’empêche de dormir. Des pensées qui tournent en boucle. Une anxiété chronique.
Une société qui m’écœure, des humains qui me révoltent.
Je suis pleine de contradictions.
Je suis paumée.
Et quand je sais ce que je veux, je ne sais pas comment l’atteindre.
Je suis socialement handicapée. Trop entourée de gens toxiques.
Je pleure beaucoup. Je fais des burn-out en série.
Je suis complexée, timide, figée.
Je n’avance pas.
Mon corps lâche. Je suis persuadée d’avoir une particularité, une pathologie, quelque chose qu’on n’a pas su nommer.
Mais.
Je suis encore là.
Mais.
Et c’est important : il y a aussi ce qui va bien.
Je vis dans un pays privilégié. J’ai un toit, de quoi manger, de quoi boire. Je peux prendre des douches chaudes. J’ai accès aux soins, à internet, à l’éducation. Mon corps, malgré tout, fonctionne encore. Je ne suis pas totalement seule: j’ai des amis, de la famille, quelques personnes qui comptent.
J’ai un travail, donc un revenu, une forme d’autonomie.
Et surtout :
J’aime.
Malgré les trahisons, les abandons, les déceptions.
Malgré les coups dans le cœur et dans le dos.
J’aime encore.
Je suis capable de donner de l’amour sans que ce soit abîmé par ce que j’ai vécu.
Et ça, c’est immense.
Je suis en Vie.
Et pour tout ça, je veux arrêter de survivre.
Je veux vivre.
Je veux honorer ce que je suis, ce que j’ai. Je ne veux plus me cacher derrière mes peurs ou mes excuses.
Ce déclic, je l’ai eu depuis un moment déjà.
Maintenant, je veux que ce soit plus qu’un état d’esprit : je veux que ce soit un mode de vie.
Ce n’est peut-être pas très clair.
Ça me fait du bien de l’écrire.
J’embarque vers moi-même délivrée de toute entrave. J’embarque vers la paix.
Lola ♥


Coucou Lola, c'est vrai qu'il est plus facile de montrer les belles choses sur les réseaux sociaux plutôt que la souffrance et le négatif. Personnellement à chaque fois que j'ai voulu parler de mon ressenti, ma peine ou ma souffrance à quelqu'un indirectement j'ai du retranscrire cela à ces personnes et agir de très mauvaise manière. On m'a dit tu es trop émotif ou trop négatif et finalement ca fini toujours mal alors que je voulais bien faire à la base. J'ai causé du tort aussi et le regrette. Aujourd'hui je ne sais plus quoi en penser. Je dois avoir un gros travail à faire pour changer cela sans savoir si j'y arriverai un jour.
RépondreSupprimerJe vais finir par une note positive, merci pour ton texte, ca me fais plaisir de te relire ici. Je te souhaite le meilleur pour la suite, tu es une personne avec un mental fort malgré tout. Courage à toi.
De la part d'un ami perdu de vue (tu va sûrement me reconnaitre)